Le Chêne quessoyais

19 février 2012

Précision sur un déménagement

          Dernièrement, plusieurs personnes m'ont dit avoir entendu que notre calvaire en serait à son deuxième déménagement.  Qu'en est-il exactement ?

          Napoléon

          Napoléon a joué un rôle fondamental dans l'histoire de la cartographie française. C'est lui qui a donné l'impulsion initiale et nécessaire à deux grandes entreprises d'envergure nationale : la confection de la carte d'Etat-Major et celle du cadastre. La carte d'Etat-Major, dans un but essentiellement militaire, permettrait de connaître le territoire national dans ses trois dimensions avec routes et chemins que peuvent utiliser les soldats en mouvement. Et le cadastre, pour connaître précisément les propriétés en vue d'une meilleure répartition de l'impôt (déjà à l'époque, l'Etat se tracassait de notre argent).

          A partir de 1807, un travail monumental va être remarquablement exécuté par toute une armée de géomètres, d'arpenteurs, de contrôleurs, d'indicateurs choisis parmi les habitants. Toute cette armée sera administrée par les préfets avec à leur tête le ministre des Finances lui même.

géomètres

          Les géomètres apporteront un soin très particulier à la réalisation des plans, mais leur travail sera entaché d'une lacune fondamentale. N'étant pas tenu à jour, le plan perd rapidement de sa valeur.

          Pour nous qui aimons l'histoire, ce défaut devient une qualité : les anciens plans cadastraux sont de vrais mines de renseignements sur le passé de notre environnement.

Emplacement religieux

          Sur le cadastre napoléonien du bourg de Quessoy datant de 1808, on peut voir effectivement une croix (face à l'actuelle boucherie Corduan). Mais cette croix est une croix dite pattée, surtout utilisée pour localiser un site religieux.

croix_pattee 

                    Pour représenter un calvaire ou une croix, on utilisera plutôt une croix latine ou une croix relevée.

                                                 croix_latine                              croix relevée

 

 

          Sur le cadastre de 1846, c'est une croix relevée qui indique l'emplacement de l'ancien calvaire (puisque celui que nous connaissons ne sera érigé à sa place qu'en 1864). Il se situe bien au même endroit qu'aujourd'hui.

Deux croix

             Avant cet ancien calvaire datant de 1818, existait, déjà et toujours au même endroit, une croix représentée sur un plan du bourg de 1807.

Traversé du bourg de Quessoy0018

 

          Malgré ce que l'on raconte, peut être pour se voiler la face, pour déculpabiliser, minimiser l'évènement à venir ou tout simplement à cause d'une simple erreur de lecture, notre calvaire connaîtra donc bien dans quelques mois son premier déménagement.

 

          "Ben oui, mais il y a quand même une croix relevée devant la boucherie Corduan sur le cadastre de 1848 ! " me direz vous.

          Exact. Il y avait une autre croix. Nous pouvons la voir aujourd'hui à droite en entrant dans le cimetière. Elle a été déplacée en même temps que les tombes entourant l'église dans les années 1920. Mais ceci est une autre histoire...

Vieille croix

 

          

          

            

 

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04 janvier 2012

Coup de gueule

          Dans quelques semaines, nous assisterons, impuissants, à la destruction de notre bourg. Amorcée en 1981, avec la démolition du presbytère, la phase terminale approche avec la suppression de notre calvaire.

1981

Démolition du presbytère en décembre 1981

          Dans quelques semaines, notre calvaire sera balayé, emporté par un gigantesque tsunami dévastateur engendré par une municipalité mégalomane.

calvaire

          Adieu l'image classique du village breton avec son église et son calvaire élevé à la gloire de Dieu, autrefois orgueil et fierté de tout un peuple.

           Adieu patrimoine et vestige d'un temps passé. 

          Ils détruisent notre bourg et ils détruisent notre âme.

           Adieu le "gars du bourg" que je fus. Le mot "bourg" n'existera plus. Demain nous parlerons de "centre". Tout devient centre : centre administratif, centre culturel, centre ville, centre historique, centre sportif... "Quessoy ville nouvelle" se voudra froide et insipide. 

           Adieu mon cher calvaire.

          Dans quelques semaines, le Sacrilège sera accompli.

 

Bourg 

Notre bourg et son calvaire vers 1930

 

          "Nous ferons tout pour que Quessoy garde sa ruralité"qu'ils disaient.

            

           

 

  

 

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09 novembre 2011

Vingt ans seulement.

          Le monument aux morts est avant tout une liste de 155 noms gravés en rouge sang dans le granit. Une liste banalisée par les années. Nous tendons à oublier que derrière chacun de ces noms se cache une tragédie, la perte d'un être cher, un oncle, un frère, un fils, emporté en pleine jeunesse. Dans notre commune, huit d'entre eux n'avaient que vingt ans.

liste 1bis

 

         Mathurin LAVIGNE est né le 8 novembre 1893 à Crézouard. Son père, prénommé également Mathurin, est laboureur et sa mère, Marie-Françoise ROBERT, ménagère. Deux professions très courantes dans nos campagnes à l'époque.

          Le 2 août 1914, jour de la mobilisation générale, Mathurin est sommé de rejoindre son lieu de casernement à Brest : le 19ème Régiment d'Infanterie. Le 8 août, nos soldats quittent Brest sous les ovations de la population. Dans les différentes gares traversées, les trains transportant les régiments sont acclamés par la foule. Le 10 août, le convoi s'arrête. Il faudra cinq jours de marche pénible, sous une chaleur torride, pour rejoindre les bords de la Meuse. Après quatre jours d'exercices et de travaux de défense sur les hauteurs de la rive droite, départ pour la frontière belge où le régiment est très chaleureusement accueilli le 21 août. Au cours de la soirée, l'ordre d'offensive est donné : "L'ennemi sera attaqué partout où l'on le rencontrera."

          Le 22 août au matin, le bataillon marche en colonne en direction du village de Maissin. Vers 12h00, les tambours et clairons sonnent la charge, et, drapeau déployé, les soldats s'élancent, baïonnette au canon. Les 400 mètres de prairie les séparant du village sont rapidement franchis par les premières sections. Surpris, les allemands se ressaisissent vite et bombardent d'obus la prairie.

Prairie

 

                                                                                     Les tirs de mitraillettes ennemies, cachées dans le village, font beaucoup de dégâts. En début d'après-midi, les survivants luttent dans un combat de rue très meurtrier. Partout, à perte de vue, des morts, des blessés français et allemands, gisent sur le champ de bataille. Maissin est dévasté, ruiné. Les pertes en hommes sont très élevées des deux côtés.

          C'est sur ce champ de bataille que Mathurin, à l'âge de vingt ans, laissera la vie. "Tué à l'ennemi" selon la formule consacrée.

fiche LAVIGNE

         

          Marie-Ange LAGREE est de Botier. Il vient d'avoir 19 ans quand arrive l'ordre de mobilisation. Quelques jours après, il rejoint le front avec son corps d'armée : le 410ème Régiment d'Infanterie. La vie y est très dure. Non seulement dans les tranchées mais également au repos, dormant par les froids les plus rigoureux dans des granges ou abris non chauffés. Les pneumonies, les angines, la grippe espagnole, frappent les plus faibles.

Hopital militaire d'Amiens

Hôpital militaire à Amiens

          Marie-Ange tombe malade. Il s'éteindra le 8 juin 1915 dans un hôpital militaire à Amiens. Son corps repose aujourd'hui dans la nécropole nationale de Saint Acheul dans cette même ville. 

fiche LAGREE

           

         Louis TREHOREL, comme Mathurin LAVIGNE, est de Crézouard. Son père : Louis et sa mère : Marie-Rose BAUDET ont également les mêmes occupations que leurs voisins.

          Le 16 juin 1915, Louis se retrouve en enfer, l'enfer du Labyrinthe, au nord d'Arras. Labyrinthe de boyaux dont les "boches" ont fait une véritable forteresse. "On n'en sort pas du Labyrinthe".

 

Tranchée

          C'est là que Louis finira sa courte vie, à l'âge de 20 ans et demi.

Fiche TREHOREL

 

          Victor ORIOU est né le 18 août 1894 à l'Hôpital en Quessoy. Son père Ernest, menuisier, et sa mère : Jeanne LAGREE doivent être fiers de lui quand il entre au 1er Régiment de Marine.

marins

          Son régiment est alors envoyé en Belgique, entre Nieuport et Dixmude. Sa mission est de tenir coûte que coûte le secteur. Combattant dans des conditions effroyables sous les bombardements et les attaques d'infanterie, la brigade tiendra et ne cédera pas. Mais plus de la moitié de ses effectifs sera perdue dans les combats.

          Victor n'aura pas la chance de s'en sortir. Il sera tué le 30 juillet 1915. Il dort maintenant son dernier sommeil dans le cimetière national Notre-Dame de Lorette à Ablain, dans le Pas de Calais, près de ses camarades.

Fiche ORIOU

 

 

          Encore un jeune gars de l'Hôpital : Mathurin JOUANNIN. Son père, Joseph, est charpentier. Sa mère, Jeanne LEMEE, fait des ménages. 

          Il n'a pas encore 19 ans quand il rejoint le 155ème régiment d'infanterie. Puis le front, l'enfer des tranchées, la 2ème bataille de Champagne.

          Le 25 septembre 1915, l'artillerie essaie de rompre les positions allemandes d'Aubérive à Ville-sur-Tourbe. La première ligne est anéantie sous un déluge d'acier et se trouve enfoncée sur trois kilomètres. Mais nos soldats butent alors sur une seconde ligne allemande à contre-pente avec un réseau de barbelé intact et infranchissable. Du Mesnil à Ville-sur-Tourbe, le front ne bouge que de quelques centaines de mètres, les positions aménagées en fortin sont imprenables.

Lab

          C'est un échec. Mathurin y laissera la vie le 3 octobre.

fiche JOUANNIN

    

          Ange DAVID est né le 31 mars 1896 à la Ville Pin. Son père, Louis, est aussi laboureur, et sa mère : Louise LE HERISSE, ménagère.  Le 2 août 1914, jour de mobilisation générale, il rejoint le 71ème Régiment d'Infanterie à la caserne Charner à Saint Brieuc. De là, quelques jours plus tard, aura lieu le départ vers le front. Fataliste et résigné, il part avec l'espoir de rentrer vite. "La guerre sera courte " dit-on.

         Deux ans après nous y sommes encore. 

         "Jeudi 1 juin 1916, sur la rive gauche de la Meuse, succession de violents combats. L'ennemi, à la suite d'un bombardement de deux jours, a lancé des attaques concentriques et répétées, à gros effectifs, sur nos tranchées à l'est du Mont-Homme et de part et d'autre du village de Cumières. Il a été repoussé avec de grosses pertes. Toutefois, au sud du bois des Caurettes, nous avons dû évacuer nos tranchées de 1ère ligne nivelées par le bombardement. Au sud de Cumières, nous avons d'abord été refoulés dans la direction de la station de Chattancourt, mais une vive contre-attaque de nos troupes nous a permis de ramener l'ennemi jusqu'aux abords du village. Les fractions allemandes qui, à la faveur du brouillard, s'étaient glissées le long de la Meuse jusqu'à notre tranchée ont été anéanties par nos feux."

attaque

          Ce 1er juin, Ange sera tué lors d'une attaque à Chattancourt. Il y a deux mois, il fêtait ses vingt ans.

fiche DAVID

 

          René MAHE est le fils de Jean MAHE et de Françoise DARCEL de la Ville-Glé. Il est né le 30 septembre 1896. A la mobilisation, il rejoint le régiment de réserve : le 324ème R.I.

            "Bataille des Monts de Champagne" 

          Les monts de Moronvilliers ont constitué un point d'observation stratégique pour l'armée allemande. Leur prise inverserait la situation et permettrait aux français une vue sur les arrières ennemis. La "bataille des Monts de Champagne" se déroulera du 17 avril au 20 mai 1917.

          Le 20 avril, les Français sont au sommet du Mont-Blond, du Mont-Haut et du Mont-Sans-Nom. Les Allemands contre-attaquent violemment depuis le tunnel du Mont-Cornillet qui constitue un refuge pour toutes les troupes ennemies, rendant longtemps la victoire indécise.

          Il faudra attendre un mois, le 20 mai, pour qu'un obus de 400 mm, tiré depuis le camp de Mourmelon, atteigne une cheminée d'aération de la forteresse et asphyxie 600 jeunes soldats allemands. Le tunnel est évacué.

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Intérieur du tunnel du Cornillet le 20 mai 1917 

 

          Le Mont Cornillet est pris mais va subir un déluge de feu allemand. L'ennemi, conscient d'une défaite qu'il juge intolérable et probablement définitive va faire tirer toute son artillerie et essaie pendant plusieurs jours des contre-attaques.

          C'est au cours de l'une d'elles, le 31 mai, que René perdra la vie. Il rejoint son frère Jean, décédé un an auparavant des suites de blessures de guerre.

Fiche MAHE

 

          Alexandre BASSET  n'est pas né à Quessoy mais à Hénon le 27 octobre 1896. Ses parents, François et Alexandrine BULLY viendront s'installer à Quessoy par la suite. C'est donc à La Motte qu'Alexandre a passé son enfance.

          A 18 ans, il est enrôlé dans le 247ème régiment d'infanterie.

          Dans la Meuse, le 4 août 1917, le 247ème R.I. reprend le secteur de Bezonvaux, village qui a eu la malchance de se trouver en pleine zone de combats.

 

BE 

Vue de Bezonvaux

          Le 14, l'artillerie déploie une grande activité. On sent qu'une attaque est proche. Les bombardements intenses seront fatals à Alexandre. Lui aussi n'avait que 20 ans.

Fiche BASSET 

            

 

 

          Le 11 novembre 1918, l'Armistice est signé.

          Le onzième jour du onzième mois à la onzième heure, les armes se tairont enfin.

         

enterrement

 

 

         

           

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18 octobre 2011

Loup, y es tu ?

          Dans quelques jours, mes filles partent faire un stage commando en forêt de Beffou. L'absence parentale ne les tracasse que peu. Le seul sujet vraiment inquiétant est : le loup. Il faut dire que quand on a 6 ans, l'histoire des trois petits cochons ou celle du petit chaperon rouge sont bonnes à nous faire passer des nuits blanches. Mais il fut un temps où leur peur aurait été bien fondée.

grrr

          Dans notre département, les loups ont même régné en maîtres au moyen-âge. Il ne faisait pas toujours bon se promener hors agglomération. 

          Ainsi, en l'an 1598, sur la seule paroisse de Meslin,  pas moins de 14 enfants furent dévorés. Cette année là, l'hiver fut très rude. Ces bêtes affamées, habituellement craintives et vite apeurées par le bruit, les lumières ou les cris, deviennent assez intrépides jusqu'à pénétrer dans les habitations pour emporter les nourrissons couchés dans leur berceau.  

          En 1697, à la Braize en Hénon, la petite Françoise, âgée de 7 ans, fille de Mathurin Cabaret, est tuée par un loup qui a déjà fait beaucoup d'autres victimes à Ploeuc, Saint Carreuc, Plémy, Plédran et Quessoy. Les gens vivent dans la crainte.

loup rouge

          Le mangeur de moutons ou de chèvres est t-il devenu aussi mangeur d'hommes ? En fait, la déforestation importante entraîne la diminution des proies sauvages tel que les chevreuils ou sangliers. Les loups ne trouvent plus suffisamment de nourriture et s'approchent des villages, véritables garde-manger.

          La guerre est déclarée. Des battues s'organisent. Des primes sont offertes.

chasse

 

          Grâce à cela, au fil des années, les accidents diminuent nettement. Puis, en 1880, la dernière victime recensée en Bretagne, dans le Morbihan, une fillette retrouvée égorgée et mutilée dans une grange.

          Les primes allouées augmentent : en 1882, elles atteignent 100 francs pour un mâle, 150 francs pour une femelle (actuellement équivalent à 60 et 90 euro). Les battues se font de plus en plus nombreuses. Enfin, l'utilisation récente de la strychnine, dans des carcasses d'animaux entreposées dans des enclos d'équarrissage, précipite la disparition du loup.

          D'après les mentions administratives, par les primes offertes, c'est en 1898 que le dernier loup serait tué dans les côtes du nord. Mais on parle d'un autre individu tué en 1906 à Ploumanac'h.

dernier

 

          Le loup n'est plus.

          Alors mes filles, rassurées pour votre stage commando ?

          Oui, promenez vous dans les bois tant que le loup n'y est pas. Mais attention quand même...                   

                                                        enfant_014           animaux_loup017

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08 août 2011

L'ancien cimetière

          A partir du VIème siècle, on commence à mettre les morts près des lieux saints puis dans les églises même. Cette pratique est d'abord réservée au haut-clergé, puis sera accordée aux nobles, et enfin aux (bons) paroissiens. Certains continuent, à la méthode ancienne, d'être enfouis dans les champs, le long des routes, notamment aux pieds des croix.

Michelangelo_Caravaggio_010l'enterrement de ste lucie

          Au 14ème, une église est fondée à Quessoy (à l'emplacement actuel). Pour ne pas déroger à la règle, les inhumations se font à l'intérieur bien qu'un cimetière entoure déjà l'édifice. Celui ci ne sert pratiquement que pour les étrangers ou les vagabonds. Un coin de terre non bénite est même réservé aux enfants morts sans baptême, aux excommuniés et aux grands pêcheurs décédés sans confession. Bien entendu, les clercs, les nobles et les riches sont à l'intérieur. Les seigneurs du Boisglé, en tant que fondateurs, se réservent la meilleure place dans le choeur, juste devant l'autel. Les pauvres, eux, à l'inverse, sont relégués au fond.           

          Pendant la cérémonie funèbre, on choisit un endroit quelconque, la tombe "familiale" n'apparaissant qu'au XVIIIème. On soulève une dalle s'il y a. On creuse, généralement peu profondément. On dépose le défunt enveloppé dans un sac. Puis on remet la terre et la dalle en place.

ancienne pierre 1

Anciennes pierres tombales servant de dallage dans l'église.

ancienne pierre 2

          Mais cette accumulation de cadavres dans un espace si limité et si peu aéré commence à poser problème. Le dallage des églises est sans cesse démonté et remis inégalement ce qui demande des travaux réguliers. Mais plus grave encore : les risques de contagions de maladies sont très élevés. Des exhalaisons se répandent régulièrement. Les odeurs de putréfaction sont si fortes que l'on est obligé de brûler des résines et du souffre pour les dissimuler. Un véritable charnier.

          En 1719, le Parlement de Bretagne décidera d'interdire les enterrements dans les églises. Mais la résistance demeure, les curés ont bien du mal à faire respecter cette nouvelle loi et quelques 50 ans après on pratique encore certaines inhumations à l'intérieur. Progressivement, l'habitude d'enterrer les morts autour de l'église se prendra enfin.

ancien cadastre

Ancien cadastre de 1848 où l'on peut voir l'église entourée du cimetière

          Plus proche de nous, début des années 1900, notre cimetière est devenu beaucoup trop petit. Notre vieux fossoyeur, Louis COTILLARD, est lui seul capable de se reconnaître au milieu des tombes enchevêtrées  les unes sur les autres.

mur et presbytère

Mur de clôture du cimetière avec en arrière plan le presbytère

calvaire et entrée

Entrée principale du cimetière et calvaire

          L'agrandissement étant impossible vu l'état des lieux, il est décidé, en 1910, de créer un nouveau cimetière (j'en connais un qu'aurait pas encore été content). La première difficulté est de trouver un emplacement convenable. Le conseil municipal est divisé.  Chacun étant pour son quartier, certains le veulent sur la route de Saint Brieuc, d'autres le verraient mieux en allant vers Saint Carreuc, d'autres encore le préféreraient en direction de Lamballe. Après plusieurs réunions orageuses, un accord est enfin trouvé. Un champ, situé derrière la Porte-Armel et appartenant Monsieur de La VILLEAURAY, conviendrait.

          L'année 1912 fut consacrée à l'étude de marché.

          En 1913, le travail commença.

          Et en 1914, au mois d'avril, eut lieu la 1ère inhumation : Monsieur Joseph-Marie BONENFANT, beau-père de Monsieur de SAINT-PERE, décédé au château de la Porte de Fer.

1ère tombe 

"Ici gît Monsieur Joseph-Marie BONENFANT"

1ère tombe du nouveau cimetière

 

          Le transfert des tombes débutera en 1920 pour finir en 1927.

        

tombe 1   tombe 5

tombe 6

vieille croix

plaque vieille croix

 

          Peut-être avez vous déjà entendu de vieux quessoyais, fatigués et quelque peu déprimés, parler de leur intention d'aller bientôt à la Clôture Gachet (prononcez "Gaïchet"). C'était le nom du champ choisi pour devenir notre actuel cimetière. Mais ceci est une autre histoire...

          

entrée 

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03 juillet 2011

Solution du "Qhi qé core" 6

pap

            Les jardiniers d'aujourd'hui ont enfin compris que la nature est bien faite.

                                              coc             abeille                                           

          Remisés les insecticides nocifs et toxiques, bazardés nos produits chimiques et polluants, les insectes sont nos alliés. Pollinisateurs ou prédateurs, ils sont le maillon indispensable de l'équilibre écologique.

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          Voici pourquoi ces refuges à papillons, forficules, chrysopes, abeilles solitaires et autres "bêtes à bon dieu".

          Félicitations à P2 pour avoir trouvé la bonne solution. Et merci à Fleur De Blé Noir pour ce Qhi qé core aussi beau qu'une oeuvre d'art contemporaine.

          Et il n'y a pas que les insectes dans la vie, mais ceci est une autre histoire...

c

refuge à ...

g

abris à ...

h 

niche à ... 

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26 juin 2011

Le "Qhi qé core" 6

          Une fois n'est pas coutume, vous aurez droit à deux "Qhi qé core" à suivre.

          Je suis tellement contrarié que ce soit encore Fleur De Blé Noir qui ait trouvé que je m'empresse de vous en soumettre un autre.

          Et là, soyez tranquille, je suis certain qu'elle ne gagnera pas.

 

qhic est c-r 

 

          Vu que c'est elle qui nous le propose.

          Alors à vous de jouer et montrer lui que nous sommes aussi perspicaces qu'elle. Mais ceci est une autre histoire...

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12 juin 2011

Solution du "Qhi qé core" 5

          Tout d'abord un grand bravo à Fleur De Blé Noir. Elle est décidément très douée. Sur les cinq "Qhi qé core" déjà édités, elle en a découvert quatre. Foi de Quercus, le prochain ne sera pas pour elle. Puisse t-elle y passer des nuits blanches.

          Ce Qhi qé core était donc bien un fendoir utilisé par les vanniers.

fendoirs

          Pour pratiquer la vannerie, il nous faut que peu d'outils. Principalement un couteau à bout recourbé, et ce fameux fendoir en bois dur. Il est destiné à fendre les brins de matière (osier, rotin, bambou, jonc, roseau, châtaignier, noisetier,...) dans leur longueur en trois ou quatre parties égales.

fente

 

           La vannerie remonte à plus de 10 000 ans. Les hommes préhistoriques tressaient des végétaux bien avant de modeler des poteries.

           Elle devint d'une importance économique très grande mais s'est raréfiée en raison de la lenteur et du manque de mécanisation de la fabrication.

tresse

          Merci à tous d'avoir participé et merci à Jean-Yves de nous avoir proposé cet objet mystérieux.

          A la r'véri d'o un nouviao Qhi qé core.

          Mais ceci est une autre histoire...

           

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29 mai 2011

Le "Qhi qé core" 5

          Enfin un nouveau Qhi qé core.

          Et cette fois, ce n'est pas moi qui vous le propose mais Jean-Yves, un fidèle lecteur. Comme il s'occupe de tout, cela me laisse le temps de vous préparer un nouvel article.

          Et en plus, ne connaissant pas la réponse, cela  me permettra également de jouer. Je vais même me payer le luxe de poser la première question.

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           Alors faites vos jeux et que le meilleur gagne.

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10 mai 2011

Nos noms de famille

          Notre nom de famille est un héritage d'une grande valeur familiale et nous y tenons beaucoup. Aujourd'hui, les femmes mariées ont même la possibilité de garder le leur.

          Au départ, les hommes ne se désignaient que par un nom unique. Ce nom était donné par la famille, comme les parents donnent aujourd'hui un prénom à leur enfant nouveau-né.

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          Au XIIème siècle, du fait de moins de guerres mais aussi d'un recul des épidémies, de la disette et d'un climat plus favorable, on assiste à un grand boom démographique. Celui-ci provoque de nombreuses confusions au sein des villes et villages où beaucoup de personnes portent le même nom.

          Dés lors, pour y remédier, chacun recevra un surnom qui viendra s'ajouter à son nom de baptême. Ce surnom individuel se transmettra avec ou sans aménagements aux descendants de celui qui l'a reçu.

          Voici comment sont apparus nos noms de famille ou patronymes.

 

arbre

          L'étude des noms de famille nous permet d'en savoir plus sur nos ancêtres.

          En général, les noms sont formés à partir de noms de baptême (Martin, Ollivier, ...), de la profession (Le Boulanger, Potier , ...) , de l'origine ou du lieu d'habitation (Duval, Le Normand, ...) , mais aussi d'après le physique (Legrand, Le Herisse, ...) ou le caractère de l'individu (Le Bigot, Gentil, ...).

Registres

 

          A Quessoy, le nom de famille le plus répandu est MORIN. Certains affirment que le nom dériverait de maure (noir de peau), ou de saint Maurinus, saint vénéré dans le midi. Mais je penserais plutôt, vu notre localisation, d'une dérivation du mot celte : mor (la mer). Nos MORIN serait donc les "hommes de la mer".

          En deuxième position, vient le patronyme RAULT. Celui ci est simplement une variante du prénom Raoul. On l'entend mieux prononcé en gallo : Rao.

          Puis viennent les ROUXEL ayant eu pour ancêtre un homme à la chevelure rousse.

          Et les PINCEMIN (la plus grosse concentration française étant à Quessoy) désignant une personne qui pince, aussi bien physiquement que moralement. Mais Pince-Main était aussi le surnom des voleurs au moyen-âge.

Registre

      

          Quelques 25 générations plus tard, ayant pris l'habitude de donner au premier enfant le même prénom que le père ou la mère, apparurent encore de nouvelles confusions. Il fut parfois nécessaire, surtout en campagne, de rajouter quelque chose au nom ou prénom pour éviter les confusions. Ainsi apparurent les Jean le père, mère Denis, P'tit Louis et autres sobriquets plus ou moins péjoratifs.

          Mais ceci est une autre histoire...

         

 

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