Le Chêne quessoyais

24 mai 2017

Les deux mousquetaires, suite et fin.

         

Fabrication

Epi en cours de fabrication

 

           C'est avec beaucoup de satisfaction que nous avons reçu, il y a plusieurs semaines déjà, nos nouveaux épis de faîtage. 

L'atelier CRESPEL fut un bon choix. Ils ont réalisé un travail remarquable.

 

servane2epis

Servane CRESPEL

 

          Comme nous le souhaitions, les copies sont exactement identiques aux originaux. Les dimensions au millimètre près, les moindres détails reproduits, la couleur, tout y est.

 

tete

 

anses et chataignes

 

chataignes et cordeau

 

 

          François, notre couvreur préféré, n'avait plu qu'à les remettre minutieusement en place. C'est fait.

          Après avoir consolidé les poinçons de charpente quelque peu vermoulus, les deux épis sont replacés et collés au mortier.

François 1

François 2

François 3

François 4

 

          Les potiers de Lamballe avaient le souci du détail. Tant et si bien que parfois, seuls les pigeons et autres volatiles peuvent en profiter. Quinze mètres plus bas, certains éléments nous sont invisibles, tels ces trois rubans cerclant les chapeaux.

 

rubans

 

          Nos deux vaillants mousquetaires peuvent de nouveau surveiller l'entrée du bourg. Seront-ils assidus à leur tâche pendant 400 ans comme leurs prédécesseurs ? D'après l'atelier CRESPEL : oui. D' ailleurs ils nous ont été livrés avec une garantie quatricentennal. On en reparlera en 2417...

 

 

 

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01 avril 2017

L'arbre à bidons

           Si vous vous rendez à Lamballe par la D28, vous traverserez le petit bourg de Trégenestre (voir Toponymie Trégenestre). A la sortie du virage contournant l'ancien presbytère, magnifique demeure datant du XVIIIème siècle, l'église se découvre enfin.

 

église

 

          Très typique, elle a conservée son vieux porche du XVIème entouré de quelques tombes.

 

porche

 

        A l'angle du mur d'enceinte du petit cimetière, un if millénaire nous offre sa vaste ramure.


        Chez les Celtes, l'if est un arbre sacré. Sa verdure permanente et sa longévité en ont fait un symbole d'immortalité. Voila pourquoi nous le rencontrons si souvent dans nos vieux cimetières. Il est le gardien des défunts et relie le monde des morts à celui des vivants.

       Sans doute avez vous déjà été interpellé par la particularité de cet arbre majestueux : que font donc ces bidons accrochés sur le tronc du vénérable.

 

tronc

 

 

             Une tradition ancestrale atteste qu'il fut planté il y a plus de mille ans par un saint traversant la Bretagne pour rejoindre l'abbaye de Landevenec où l'attendait Saint Guénolé. Arrivant à Trégenestre, il entendit les habitants se plaindre de la sécheresse qui sévissait alors. Il mit en terre une graine d'if qu'il avait en poche. Puis, après une courte prière, la pluie se mit à tomber tant et si bien que l'arbre poussa et crût instantanément. Devant ce miracle, et pour remercier le saint sauveur, les gens se prosternèrent au pied de l'if et prièrent à leur tour. Depuis lors, l'habitude fut prise d'invoquer l'arbre pour bénéficier d'eau pour les cultures.

 

bidon

 

              Encore aujourd'hui et selon la tradition, le rituel d'accrocher des bouteilles ou bidons sur le tronc s'y pratique toujours. Cela pour demander au ciel de nous être favorable et de nous pourvoir en pluie bienfaitrice, profiter ainsi de bonnes récoltes et d'une nature verte et luxuriante.

 

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 L'arbre à bidons et l'église de Trégenestre vers 1900

 

               Voici peut être aussi pourquoi, par l'excès de zèle de certains paroissiens, la rivière de Trégenestre déborde si souvent sur la route. Mais ceci est une autre histoire... 

 

 

54907

 

 

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29 novembre 2016

Les deux mousquetaires.

         

rosée

         

          Mais que vois-je là, dans l'herbe tendre et encore mouillée de rosée matinale ?
          Un vieil os abandonné par le chien ?
          Un agaric champêtre qui finira dans la poêle ou une dangereuse amanite phalloïde ?
          Mais non ! Merde, une tête !

          Je devine. Je sais déjà. Je n'ose lever les yeux.

 

épi cassé


           

          Un de nos mousquetaires est décapité. J'en suis dépité.
          Bon, 400 ans de loyaux services, il y a de quoi en perdre la tête.
          Je ne vais pas lui en vouloir pour cette ultime révérence.

 

          Faut que je vous explique :

          Nous avons la chance d'avoir deux magnifiques épis de faîtage ornant la toiture de notre maison (voir "Le Chastelet").

 

faîtage

 
           A l'origine, élément fonctionnel assurant l'étanchéité d'une partie de charpente dépassant du toit,

 

charpente

Poinçon de charpente

 

                                                                                                                                                 les épis ont été imaginés par des artisans potiers et sont devenus des éléments décoratifs. Les plus anciens épis de faîtage conservés en Bretagne datent du début du XVIIème mais on peut en trouver sur la tapisserie de Bayeux (XIème siècle) ou sur des enluminures du moyen-âge. Ils étaient la marque distinctive des constructions nobles. Ils ornaient les tourelles de châteaux, des maisons importantes en ville. En posséder pouvait être un droit ou un privilège pour le maître de maison. On peut ainsi les rapprocher un peu des blasons seigneuriaux. Puis cet art fut emprunté par les propriétaires aisés, les notables des bourgs et les artisans pour servir d'enseignes. Par la suite, les potiers ont étendu cet usage à l'habitat traditionnel.

           

 

          "Allo, François, AU SECOURS !".
          François, c'est l'homme de la situation élevée qui pourra nous aider.
          Sitôt appelé, sitôt arrivé. L'échelle est placée, le voilà grimpé, prêt à travailler. Tel un dentiste retirant une mauvaise dent de la gencive, méticuleusement, délicatement, par de légers mouvements de va et vient, il réussit enfin à extraire l'épi fêlé de la faîtière. Avec précaution, François redescend le mousquetaire étêté jusque la terre ferme et remonte aussitôt s'occuper de son compère qui, je crois, se doutant de son sort, commence à le regarder de travers.
          Opération 100% réussie.

          Demain, nos compagnons célestes et moi prendrons la route pour Hénanbihen.

 

           Faut que je vous explique :

           Nos épis de faîtage sont des épis dits : mousquetaire. Ils font partie de la production très importante de la "poterie de Lamballe" dont la diffusion couvrait l'ensemble du Penthièvre mais également le Mené, le pays de Saint Malo, voire les départements voisins d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan. Nos épis ont été façonnés au début du XVIIème siècle (vers 1620). Ils représentent un buste d'homme, les mains sur les hanches, le visage portant barbichette et la tête coiffée d'un chapeau de mousquetaire. La forme de ce chapeau atteste la période de fabrication.

 

Mousquetaire

Tête

 


          Le long du pot de un mètre de hauteur, des châtaignes ou sifflets. Sortes de toupies creuses percées d'un trou. Ces orifices faisaient office de sifflet dont le timbre variait selon l'orientation du vent. Bien pratique pour prévoir l'arrivée du mauvais temps.

 

siffleurs

 

          Egalement le long du pot, on trouve des anses qui permettaient d'attacher les dernières gerbes de chaume lorsque la maison était encore recouverte de paille.

 

anses

 

 

          Malheureusement, nos épis ont souffert des outrages du temps et ne sont plus restaurables. Pour en faire des reproductions à l'identique, nous nous sommes naturellement tourné vers un atelier de poterie de la région lamballaise. L'atelier CRESPEL à Hénanbihen, reconnu pour ses copies d'anciens, nous convenait tout à fait.

            

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                                                                                                                                                                 Affaire à suivre...

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27 juillet 2016

Montgolfières à Quessoy

ballon

         

 

          Ce mardi, dès potron-minet, en ouvrant ma fenêtre pour tenter de profiter de la fraîcheur matinale, j'ai pu admirer dans le ciel azur, un aérostat survolant l'horizon. Joli spectacle dont se serait réjouit mon voisin, personnage original que beaucoup de mes lecteurs ont connu, le colonel Yves DE SAINT MELOIR. Et pour cause : sa grand mère était une DE MONTGOLFIER.

 

gravure

 

          En 1783, pour remercier ses deux fils, Joseph et Etienne de l'invention de la Montgolfière, Pierre MONTGOLFIER (1700-1793) reçu du roi Louis XVI ses titres de noblesse : "Nous anoblissons ledit seigneur, et du titre de noble et d'écuyer l'avons décoré et décorons ensemble ses enfants, postérité et descendants mâles et femelles, nés et à naître en légitime mariage."

 

frères

Joseph et Etienne MONTGOLFIER


           
Pierre avait également d'autres enfants dont Jean-Pierre (1732-1795) et Augustin (1741-1788). Un fils de Jean-Pierre, Jean-Baptiste (1767-1831), prendra pour épouse sa cousine germaine Méranie (1780-1851), la fille d'Augustin. Ils auront pour fils Alexandre (1803-1866). Cet Alexandre aura à son tour une fille, Marie Henriette (1833-1922), la grand-mère de notre colonel.

             

                  Constatez donc que ce n'est pas d'hier que notre commune possède un lien avec l'aérostation.

                                A voir : Association Air NATURE BALLON 

                                                                à Quessoy 

 

montgolfiere-06

 

 

 

            A noter que Pierre DE MONTGOLFIER était papetier. Lui et ses enfants connaissent des ennuis financiers entraînés par des dépenses engagées dans les fameux ballons. En 1796, pour la survie de l'entreprise familiale, ils sont obligés de s'associer avec une autre famille, les CANSON DE LA LOMBARDIERE. Très rapidement, les CANSON prennent les rênes et finissent par absorber les parts des DE MONTGOLFIER. 
            Aujourd'hui, on trouve toujours ce fameux papier Canson dans le cartable de nos enfants. Puissent-ils y peindre de jolis ballons multicolores traversant le ciel quessoyais. Mais ceci est une autre histoire...

dessin

 

           

           

 

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15 mai 2016

La famille Rio des Grands Moulins

          Souvenez-vous (dans vos prières) de Jean-Louis RAULT, mon vieux tonton missionnaire (voir Jean-louis RAULT, VRP de Dieu).

          Sa grand-mère, Anne-Noël RIO, est née aux Grand Moulins en Hénon en pleine période révolutionnaire. La famille RIO, profondément chrétienne, est dévouée aux prêtres et connue pour leur donner aide et protection en ces temps mouvementés.

 

 

FERME

 

 

          Pour mettre ses hôtes en sûreté, le père d'Anne-Noël avait recours à un stratagème tout à fait ingénieux :

          Une grange jouxtait la maison. Surmontée d'un grenier où s'entassait paille et foin, elle servait aussi de buanderie. Pour ceci, elle était munie d'une vaste cheminée utilisée à chauffer l'eau pour la lessive. Le père Rio eu l'idée de boucher le conduit au dessus du foyer au moyen de planches et traverses. Ensuite, il dressa devant l'âtre de grandes tonnes à cidre inutilisées puis accumula contre celles-ci, toutes sortes d'outils. Fourches, faux, râteaux, bêches s'entassaient dans un joli désordre. Ainsi la cheminée devint inaccessible, presque invisible aux yeux de qui pénétrait.

          Monté au grenier, le père Rio perça une ouverture suffisamment large dans le conduit. Il accéda ainsi au dessus du foyer, sur le nouveau plancher. Ne lui restait plus qu'à aménager ce petit réduit assez spacieux toutefois pour recevoir une couchette. La lumière pénétrant par le haut du conduit serait même suffisante pour qu'un invité puisse y lire son bréviaire. Pour dissimuler l'entrée de cette subtile cachette, la paille ne manquerait pas.

Schéma

 

          Un soir où la famille était rassemblée pour la veillée, on entendit les aboiements du chien. On avait remarqué que ce chien annonçait l'approche des gardes nationaux d'une façon toute particulière. Se doutant que les Rio accueillait des prêtres réfractaires, ils perquisitionnaient fréquemment la maison. 

          Rapidement, un prêtre, invité du moment, sort de la maison et monte au grenier de la grange regagner la cachette. Il est suivi du domestique de la maison nommé Hinault qui s'empresse de remettre des gerbes de blé devant l'entrée secrète, d'effacer toutes traces et de revenir au plus vite. Malgré sa promptitude, il se retrouve à la porte de la grange, nez à nez avec les soldats. Le domestique est si impressionné que le chef, le dévisageant, sent de suite l'entourloupe. 
-"Mais citoyen, qu'as-tu donc ?" Hurle t-il. "Misérable, tu viens de cacher un calotin. Viens nous le montrer."
Hinault ne bouge pas d'un pouce et ne pipe mot.

          Ordre est alors donné de fouiller la grange. La troupe monte au grenier, sonde le foin à l'aide d'épées afin de transpercer qui s'y cacherait. Sans résultat.

 

grenier

 

          Furieux de ne rien trouver, le chef revient vers le domestique. Il le secoue violemment, lui somme de leur donner le prêtre. Le brave Hinault garde le silence. Même les menaces de le conduire à Lamballe, ce qui sous entend  prison puis échafaud, ne l'ébranlent, ne le décident à parler. Hors de lui, devenu fou furieux, le chef le perce alors de son arme, le saigne comme on saigne un cochon, jusqu'à ce qu'il meure.

 

hinault  

 

          Ainsi mourut ce garçon, martyr de son silence et de sa fidélité. Les personnes pieuses diront que le Bon Dieu bénit la famille Rio en lui permettant de donner à l'Eglise un grand nombre de prêtres et de religieuses.
         

          Mon ancêtre Anne-Noël Rio ne fut pas en reste car elle comptera plusieurs abbés dans sa descendance. Entre autres, l'abbé Jean-Louis Rault mais aussi l'abbé François Le Hérissé, recteur de Quessoy, que certains d'entre vous ont bien connu. Le mari d' Anne-Noël s'appelait également François Le Hérissé, surnommé "le baron de La Mare". De surcroît, il était un neveu de l'abbé Toussaint Le Hérissé que mes fidèles lecteurs ont déjà rencontré dans "Un avant goût de chouannerie". Mais ceci est une autre histoire...

 

Abbé Le Hérissé

  L'abbé Le Hérissé, dans les années 50

Nous saluant bien bas

 

         

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01 avril 2016

La truite porcine

          Lors d'articles précédents, nous avons eu l'occasion d'évoquer certaines plantes emblématiques de notre commune comme la poire "bési", le blé noir ou bien encore le chêne qui nous est si cher. Le monde animal ne sera pas en reste car il existe une espèce quasi indigène à Quessoy : la truite porcine.

-fario 

Truite fario

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Truite arc-en-ciel

 

          Le pêcheur connaît bien la truite arc-en-ciel ou la truite fario, mais il en existe beaucoup d'autres variétés. La variété dite truite porcine est endémique à nos rivières quessoyaises. C'est à Quessoy que nous en trouvons la plus forte concentration. Ou plutôt que nous trouvions car aujourd'hui, elle est en voie de disparition et se fait de plus en plus rare.

 

truite porcine

 Spécimen relâché après capture

 

          Il fut un temps pas si lointain, à la fin du XIXème, où la pêche de la truite porcine encore appelée localement la truie-truite, était beaucoup pratiquée. Sa chair tendre et délicate au goût très fin étant très appréciée des gourmets, elle était pêchée en nombre et vendue sur les marchés environnants. 

          Cette pêche intensive a menacé fortement la population de cette espèce. La pollution de nos cours d'eau n'a rien arrangé, ni la déforestation car contrairement aux autres truites qui se nourrissent d'insectes et d'invertébrés, la truite porcine ne mange principalement que des glands. Cette habitude alimentaire explique sa présence particulière sur notre contrée riche en chêne comme chacun sait. 

glands

 

          Si vous êtes calme et patient, la bête étant farouche, vous aurez certainement le plaisir de la voir frétiller dans la rivière de l'arboretum où subsistent encore quelques beaux spécimens. Vous pouvez l'appâter en jetant quelques glands à la surface de l'eau mais attention, la pêche en est strictement interdite.

 

riviere

 Un lieu propice à la truite porcine

 

           Grâce à nos efforts, un jour viendra où notre truie-truite repeuplera nos rivières. Soyons donc vigilants, et dans quelques décennies, si tout va bien, nous pourrons peut-être avoir le plaisir de la retrouver dans nos assiettes. Mais ceci est une autre histoire...

 

 

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13 mars 2016

Pommeret

Continuons notre tournée toponymique.

          Comme pour Quessoy (Chêne), Hénon (Frêne) ou encore Trégenestre (Genêt), nous retrouvons encore avec Pommeret une origine végétale. Il est très facile d'en deviner la provenance. Pommeret est tout simplement un lieu planté de pommiers : une pommeraie. 

 

verger (1)

 

 

          Le nom de la paroisse existait au début du XIVème. Il a très peu évolué au cour des siècles. De Pomeroit, parfois écrit Pomeroy, il est rapidement passé, dés le XVIème, à sa forme actuelle.

 

 

          Pommeret m'évoque surtout un évènement qui mit en grand émoi les autorités de la Nouvelle République en 1793.

          Tout débuta le 23 mars. En désaccord avec la loi de l'enrôlement dans l'armée par tirage au sort qui avait pour but de faire face à la baisse subite des effectifs militaires, les jeunes gens de Pommeret refusent de se rendre à la convocation. Armés de bâtons ferrés, ils se réunissent au moulin à vent de Duault, à un kilomètre du bourg. Les commissaires de la République ne les voyant pas venir les rejoignent mais se font violemment recevoir. 

           Le surlendemain, ayant eu vent d'un grand rassemblement, les insurgés rejoignent la Lande du Gras en Meslin. Là, ils retrouvent 4000 paysans venus de 21 communes alentours. A leur tête, un jeune gentilhomme : Amateur Bras de Forges de Boishardy, ex-officier de la marine revenu depuis peu en son manoir de Bréhand.

 

Lande du Gras

 

           En début d'après-midi, les révoltés se dirigent vers Pommeret. Ils sont prêts à en découdre avec les bleus et libérer les quelques camarades restés prisonniers et les municipaux "complices des brigands". Mais déception : aussitôt arrivés, ils trouvent le bourg désert. La troupe de soldats et leurs prisonniers sont déjà partis depuis quelques heures. Boishardy a maintenant bien du mal à contenir ses hommes. Hors d'eux, ils ne tardent pas à mettre à sac l'auberge d'un patriote n'ayant pas hésité à renseigner les gardes nationaux.

 

attaque

 

 

            Voulant marquer cette journée par un acte net et précis montrant que ce soulèvement ne serait pas un évènement sans lendemain, le jeune chef décide alors de rejoindre le grand chemin de Saint Brieuc à Lamballe pour y intercepter la voiture des postes. Aussi, les révoltés auront besoin d'argent, autant se servir sur le dos de l'adversaire. 

malle-poste

            Arrivée à Sainte-Anne, au pont qui enjambe la rivière L'Evron, la troupe armée entend au loin la voiture arriver. Comme par enchantement, les hommes deviennent soudainement invisibles, se coulant dans les fossés, sous les buissons, derrière les arbres. La berline apparaît enfin. Elle est tirée par deux forts percherons. Une escorte de deux gendarmes à cheval l'encadre.

 

Ste Anne

 Le pont de Sainte-Anne aujourd'hui

 

             En un bond, Boishardy se dresse au milieu de la route, pistolets braqués. Puis de chaque côté, des paysans jaillissent à leur tour et sautent à la tête des chevaux. En un éclair, les deux gendarmes sont immobilisés sans avoir eu le temps d'esquisser un geste. Sans perdre un instant, la voiture est pillée en règle.

             Soudainement, des coups de feu se font entendre. Tous les hommes se mettent à l'abri. Des soldats que l'on n'avait pas vu venir, dissimulés dans les champs derrière les haies visent les paysans. La réplique ne tarde pas. 

 

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            Devant le nombre, petit à petit, les bleus faiblissent et finissent par se replier, abandonnant le terrain aux paysans triomphants.

             Une première victoire pour le jeune Boishardy. Une violente insurrection qui marquera le début de la chouannerie dans notre département.

Boishardy

 Amateur Bras de Forge De Boishardy

              Un souvenir de cette époque mouvementée existe encore sur la commune de Pommeret à la petite chapelle de Notre-Dame de la Rivière au bord de l'Evron. La serrure de la porte latérale, contemporaine aux évènements, est ornée d'une garniture en métal représentant un coeur surmonté d'une croix latine, l'emblème des chouans. Sous la révolution, on sait que Boishardy, se cachant un temps au château voisin de Cargouët, venait y faire ses dévotions.

 

serrure

 

             Mais ceci est une autre histoire...

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15 décembre 2015

Solution du "Qhi qé core" 12

          Dans son costume d'apparat, mon grand père se devait d'être irréprochable.

Haras

          Pas un faux pli ne marquait la livrée rouge des haras nationaux qu'il revêtait. Les gros boutons bombés de maillechort, ornés d'une tête de cheval entourée d'une feuille de sauge et frappés du mot "HARAS", rutilaient au soleil.

boutons

          Il n'était pas aisé de brosser ces boutons sans abîmer le tissu.

          C'est ici que rentre en jeu notre Qhi qé core : une patience.

patience et brosse

          Il suffit d'insérer le bouton par le trou rond et de le faire glisser dans la rainure. Ne reste plus qu'à astiquer sans risquer de salir l'étoffe ainsi protégée sous la plaquette de bois.

patience et boutons

          Les patiences servaient à tous ceux qui portaient un uniforme. Elles faisaient même partie du paquetage de nos poilus de 14/18. Gare à celui qui l'égarait. Il ne lui restait que sa fourchette pour remplacer tant bien que mal cet outil bien pratique.

 

1945, Arsène

Mon Grand Père Arsène

ailes du moulin

          au premier plan à droite

 

 

    Félicitations à Colinperrault pour avoir découvert ce Qhi qé core et merci à tous d'avoir participé.

    

         

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08 décembre 2015

Le "Qui qé core" 12

       Presque un an sans "Qui qé core" ! 
       Je sais, c'est inadmissible.
       Mais j'ai tellement été dégoûté de votre rapidité la dernière fois qu'il m'a fallu prendre du recul et un deuil d'une année ne m'a pas été superflu.
        Aujourd'hui, je vais mieux. Voici donc un nouvel objet à découvrir que j'ai retrouvé dans les affaires de mon grand père. Je ne vous en dis pas plus.

 

Photo 001

    

          A vous de jouer, mais pas trop vite... Je suis encore fragile.

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15 septembre 2015

L'Aigle Impérial

          Cela fait un petit moment déjà que je ne vous ai pas parlé de mon ancien voisin (mes fidèles lecteurs le reconnaîtront) :

          Juin 1940, l'armée allemande démarre l'invasion de la France. L'avancée vers l'Ouest est fulgurante. Le 14 juin, elle entre dans Paris. Le 18, à Rennes. Le même jour, la horde victorieuse arrive dans notre petite commune. L'installation des soldats se passe calmement, sans heurt.

 

SOLDATS

 

          Pourtant, les teutons vont vite s'offusquer à la vue de notre monument aux morts.
          Notre poilu les nargue de son piédestal et ça, c'est strictement verboten. Ce n'est pas son sourire jovial derrière ses grosses moustaches qui les offense mais le fait qu'il écrase de ses gros croquenots l'Aigle Impérial. Suprême insulte à la nation germanique. L'occupant ordonne donc à l'occupé. Cette symbolique d'une défaite passée doit être retiré de l'oeuvre illico presto sinon : BOOM ! dynamite.

 

poilu

 

          Les envahisseurs se sont bien fait comprendre. Notre maire, Joseph Berthelot ne peut que se plier aux ordres et se met séance tenante à la tâche. Quelques coups de burin plus tard, le volatile a disparu. Seules quelques plumes restées aux pieds du valeureux témoignent encore aujourd'hui de la censure.

 

aigle avant

avant

aigle après

après

 

 

 

          J'en connais un qu'aurait pas encore été content s'il avait été là. Mais ceci est une autre histoire...

 

gif-aigle

         

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