Le Chêne quessoyais

27 juillet 2016

Montgolfières à Quessoy

ballon

         

 

          Ce mardi, dès potron-minet, en ouvrant ma fenêtre pour tenter de profiter de la fraîcheur matinale, j'ai pu admirer dans le ciel azur, un aérostat survolant l'horizon. Joli spectacle dont se serait réjouit mon voisin, personnage original que beaucoup de mes lecteurs ont connu, le colonel Yves DE SAINT MELOIR. Et pour cause : sa grand mère était une DE MONTGOLFIER.

 

gravure

 

          En 1783, pour remercier ses deux fils, Joseph et Etienne de l'invention de la Montgolfière, Pierre MONTGOLFIER (1700-1793) reçu du roi Louis XVI ses titres de noblesse : "Nous anoblissons ledit seigneur, et du titre de noble et d'écuyer l'avons décoré et décorons ensemble ses enfants, postérité et descendants mâles et femelles, nés et à naître en légitime mariage."

 

frères

Joseph et Etienne MONTGOLFIER


           
Pierre avait également d'autres enfants dont Jean-Pierre (1732-1795) et Augustin (1741-1788). Un fils de Jean-Pierre, Jean-Baptiste (1767-1831), prendra pour épouse sa cousine germaine Méranie (1780-1851), la fille d'Augustin. Ils auront pour fils Alexandre (1803-1866). Cet Alexandre aura à son tour une fille, Marie Henriette (1833-1922), la grand-mère de notre colonel.

             

                  Constatez donc que ce n'est pas d'hier que notre commune possède un lien avec l'aérostation.

                                A voir : Association Air NATURE BALLON 

                                                                à Quessoy 

 

montgolfiere-06

 

 

 

            A noter que Pierre DE MONTGOLFIER était papetier. Lui et ses enfants connaissent des ennuis financiers entraînés par des dépenses engagées dans les fameux ballons. En 1796, pour la survie de l'entreprise familiale, ils sont obligés de s'associer avec une autre famille, les CANSON DE LA LOMBARDIERE. Très rapidement, les CANSON prennent les rênes et finissent par absorber les parts des DE MONTGOLFIER. 
            Aujourd'hui, on trouve toujours ce fameux papier Canson dans le cartable de nos enfants. Puissent-ils y peindre de jolis ballons multicolores traversant le ciel quessoyais. Mais ceci est une autre histoire...

dessin

 

           

           

 

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15 mai 2016

La famille Rio des Grands Moulins

          Souvenez-vous (dans vos prières) de Jean-Louis RAULT, mon vieux tonton missionnaire (voir Jean-louis RAULT, VRP de Dieu).

          Sa grand-mère, Anne-Noël RIO, est née aux Grand Moulins en Hénon en pleine période révolutionnaire. La famille RIO, profondément chrétienne, est dévouée aux prêtres et connue pour leur donner aide et protection en ces temps mouvementés.

 

 

FERME

 

 

          Pour mettre ses hôtes en sûreté, le père d'Anne-Noël avait recours à un stratagème tout à fait ingénieux :

          Une grange jouxtait la maison. Surmontée d'un grenier où s'entassait paille et foin, elle servait aussi de buanderie. Pour ceci, elle était munie d'une vaste cheminée utilisée à chauffer l'eau pour la lessive. Le père Rio eu l'idée de boucher le conduit au dessus du foyer au moyen de planches et traverses. Ensuite, il dressa devant l'âtre de grandes tonnes à cidre inutilisées puis accumula contre celles-ci, toutes sortes d'outils. Fourches, faux, râteaux, bêches s'entassaient dans un joli désordre. Ainsi la cheminée devint inaccessible, presque invisible aux yeux de qui pénétrait.

          Monté au grenier, le père Rio perça une ouverture suffisamment large dans le conduit. Il accéda ainsi au dessus du foyer, sur le nouveau plancher. Ne lui restait plus qu'à aménager ce petit réduit assez spacieux toutefois pour recevoir une couchette. La lumière pénétrant par le haut du conduit serait même suffisante pour qu'un invité puisse y lire son bréviaire. Pour dissimuler l'entrée de cette subtile cachette, la paille ne manquerait pas.

Schéma

 

          Un soir où la famille était rassemblée pour la veillée, on entendit les aboiements du chien. On avait remarqué que ce chien annonçait l'approche des gardes nationaux d'une façon toute particulière. Se doutant que les Rio accueillait des prêtres réfractaires, ils perquisitionnaient fréquemment la maison. 

          Rapidement, un prêtre, invité du moment, sort de la maison et monte au grenier de la grange regagner la cachette. Il est suivi du domestique de la maison nommé Hinault qui s'empresse de remettre des gerbes de blé devant l'entrée secrète, d'effacer toutes traces et de revenir au plus vite. Malgré sa promptitude, il se retrouve à la porte de la grange, nez à nez avec les soldats. Le domestique est si impressionné que le chef, le dévisageant, sent de suite l'entourloupe. 
-"Mais citoyen, qu'as-tu donc ?" Hurle t-il. "Misérable, tu viens de cacher un calotin. Viens nous le montrer."
Hinault ne bouge pas d'un pouce et ne pipe mot.

          Ordre est alors donné de fouiller la grange. La troupe monte au grenier, sonde le foin à l'aide d'épées afin de transpercer qui s'y cacherait. Sans résultat.

 

grenier

 

          Furieux de ne rien trouver, le chef revient vers le domestique. Il le secoue violemment, lui somme de leur donner le prêtre. Le brave Hinault garde le silence. Même les menaces de le conduire à Lamballe, ce qui sous entend  prison puis échafaud, ne l'ébranlent, ne le décident à parler. Hors de lui, devenu fou furieux, le chef le perce alors de son arme, le saigne comme on saigne un cochon, jusqu'à ce qu'il meure.

 

hinault  

 

          Ainsi mourut ce garçon, martyr de son silence et de sa fidélité. Les personnes pieuses diront que le Bon Dieu bénit la famille Rio en lui permettant de donner à l'Eglise un grand nombre de prêtres et de religieuses.
         

          Mon ancêtre Anne-Noël Rio ne fut pas en reste car elle comptera plusieurs abbés dans sa descendance. Entre autres, l'abbé Jean-Louis Rault mais aussi l'abbé François Le Hérissé, recteur de Quessoy, que certains d'entre vous ont bien connu. Le mari d' Anne-Noël s'appelait également François Le Hérissé, surnommé "le baron de La Mare". De surcroît, il était un neveu de l'abbé Toussaint Le Hérissé que mes fidèles lecteurs ont déjà rencontré dans "Un avant goût de chouannerie". Mais ceci est une autre histoire...

 

Abbé Le Hérissé

  L'abbé Le Hérissé, dans les années 50

Nous saluant bien bas

 

         

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01 avril 2016

La truite porcine

          Lors d'articles précédents, nous avons eu l'occasion d'évoquer certaines plantes emblématiques de notre commune comme la poire "bési", le blé noir ou bien encore le chêne qui nous est si cher. Le monde animal ne sera pas en reste car il existe une espèce quasi indigène à Quessoy : la truite porcine.

-fario 

Truite fario

-arc-ciel

Truite arc-en-ciel

 

          Le pêcheur connaît bien la truite arc-en-ciel ou la truite fario, mais il en existe beaucoup d'autres variétés. La variété dite truite porcine est endémique à nos rivières quessoyaises. C'est à Quessoy que nous en trouvons la plus forte concentration. Ou plutôt que nous trouvions car aujourd'hui, elle est en voie de disparition et se fait de plus en plus rare.

 

truite porcine

 Spécimen relâché après capture

 

          Il fut un temps pas si lointain, à la fin du XIXème, où la pêche de la truite porcine encore appelée localement la truie-truite, était beaucoup pratiquée. Sa chair tendre et délicate au goût très fin étant très appréciée des gourmets, elle était pêchée en nombre et vendue sur les marchés environnants. 

          Cette pêche intensive a menacé fortement la population de cette espèce. La pollution de nos cours d'eau n'a rien arrangé, ni la déforestation car contrairement aux autres truites qui se nourrissent d'insectes et d'invertébrés, la truite porcine ne mange principalement que des glands. Cette habitude alimentaire explique sa présence particulière sur notre contrée riche en chêne comme chacun sait. 

glands

 

          Si vous êtes calme et patient, la bête étant farouche, vous aurez certainement le plaisir de la voir frétiller dans la rivière de l'arboretum où subsistent encore quelques beaux spécimens. Vous pouvez l'appâter en jetant quelques glands à la surface de l'eau mais attention, la pêche en est strictement interdite.

 

riviere

 Un lieu propice à la truite porcine

 

           Grâce à nos efforts, un jour viendra où notre truie-truite repeuplera nos rivières. Soyons donc vigilants, et dans quelques décennies, si tout va bien, nous pourrons peut-être avoir le plaisir de la retrouver dans nos assiettes. Mais ceci est une autre histoire...

 

 

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13 mars 2016

Pommeret

Continuons notre tournée toponymique.

          Comme pour Quessoy (Chêne), Hénon (Frêne) ou encore Trégenestre (Genêt), nous retrouvons encore avec Pommeret une origine végétale. Il est très facile d'en deviner la provenance. Pommeret est tout simplement un lieu planté de pommiers : une pommeraie. 

 

verger (1)

 

 

          Le nom de la paroisse existait au début du XIVème. Il a très peu évolué au cour des siècles. De Pomeroit, parfois écrit Pomeroy, il est rapidement passé, dés le XVIème, à sa forme actuelle.

 

 

          Pommeret m'évoque surtout un évènement qui mit en grand émoi les autorités de la Nouvelle République en 1793.

          Tout débuta le 23 mars. En désaccord avec la loi de l'enrôlement dans l'armée par tirage au sort qui avait pour but de faire face à la baisse subite des effectifs militaires, les jeunes gens de Pommeret refusent de se rendre à la convocation. Armés de bâtons ferrés, ils se réunissent au moulin à vent de Duault, à un kilomètre du bourg. Les commissaires de la République ne les voyant pas venir les rejoignent mais se font violemment recevoir. 

           Le surlendemain, ayant eu vent d'un grand rassemblement, les insurgés rejoignent la Lande du Gras en Meslin. Là, ils retrouvent 4000 paysans venus de 21 communes alentours. A leur tête, un jeune gentilhomme : Amateur Bras de Forges de Boishardy, ex-officier de la marine revenu depuis peu en son manoir de Bréhand.

 

Lande du Gras

 

           En début d'après-midi, les révoltés se dirigent vers Pommeret. Ils sont prêts à en découdre avec les bleus et libérer les quelques camarades restés prisonniers et les municipaux "complices des brigands". Mais déception : aussitôt arrivés, ils trouvent le bourg désert. La troupe de soldats et leurs prisonniers sont déjà partis depuis quelques heures. Boishardy a maintenant bien du mal à contenir ses hommes. Hors d'eux, ils ne tardent pas à mettre à sac l'auberge d'un patriote n'ayant pas hésité à renseigner les gardes nationaux.

 

attaque

 

 

            Voulant marquer cette journée par un acte net et précis montrant que ce soulèvement ne serait pas un évènement sans lendemain, le jeune chef décide alors de rejoindre le grand chemin de Saint Brieuc à Lamballe pour y intercepter la voiture des postes. Aussi, les révoltés auront besoin d'argent, autant se servir sur le dos de l'adversaire. 

malle-poste

            Arrivée à Sainte-Anne, au pont qui enjambe la rivière L'Evron, la troupe armée entend au loin la voiture arriver. Comme par enchantement, les hommes deviennent soudainement invisibles, se coulant dans les fossés, sous les buissons, derrière les arbres. La berline apparaît enfin. Elle est tirée par deux forts percherons. Une escorte de deux gendarmes à cheval l'encadre.

 

Ste Anne

 Le pont de Sainte-Anne aujourd'hui

 

             En un bond, Boishardy se dresse au milieu de la route, pistolets braqués. Puis de chaque côté, des paysans jaillissent à leur tour et sautent à la tête des chevaux. En un éclair, les deux gendarmes sont immobilisés sans avoir eu le temps d'esquisser un geste. Sans perdre un instant, la voiture est pillée en règle.

             Soudainement, des coups de feu se font entendre. Tous les hommes se mettent à l'abri. Des soldats que l'on n'avait pas vu venir, dissimulés dans les champs derrière les haies visent les paysans. La réplique ne tarde pas. 

 

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            Devant le nombre, petit à petit, les bleus faiblissent et finissent par se replier, abandonnant le terrain aux paysans triomphants.

             Une première victoire pour le jeune Boishardy. Une violente insurrection qui marquera le début de la chouannerie dans notre département.

Boishardy

 Amateur Bras de Forge De Boishardy

              Un souvenir de cette époque mouvementée existe encore sur la commune de Pommeret à la petite chapelle de Notre-Dame de la Rivière au bord de l'Evron. La serrure de la porte latérale, contemporaine aux évènements, est ornée d'une garniture en métal représentant un coeur surmonté d'une croix latine, l'emblème des chouans. Sous la révolution, on sait que Boishardy, se cachant un temps au château voisin de Cargouët, venait y faire ses dévotions.

 

serrure

 

             Mais ceci est une autre histoire...

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15 décembre 2015

Solution du "Qhi qé core" 12

          Dans son costume d'apparat, mon grand père se devait d'être irréprochable.

Haras

          Pas un faux pli ne marquait la livrée rouge des haras nationaux qu'il revêtait. Les gros boutons bombés de maillechort, ornés d'une tête de cheval entourée d'une feuille de sauge et frappés du mot "HARAS", rutilaient au soleil.

boutons

          Il n'était pas aisé de brosser ces boutons sans abîmer le tissu.

          C'est ici que rentre en jeu notre Qhi qé core : une patience.

patience et brosse

          Il suffit d'insérer le bouton par le trou rond et de le faire glisser dans la rainure. Ne reste plus qu'à astiquer sans risquer de salir l'étoffe ainsi protégée sous la plaquette de bois.

patience et boutons

          Les patiences servaient à tous ceux qui portaient un uniforme. Elles faisaient même partie du paquetage de nos poilus de 14/18. Gare à celui qui l'égarait. Il ne lui restait que sa fourchette pour remplacer tant bien que mal cet outil bien pratique.

 

1945, Arsène

Mon Grand Père Arsène

ailes du moulin

          au premier plan à droite

 

 

    Félicitations à Colinperrault pour avoir découvert ce Qhi qé core et merci à tous d'avoir participé.

    

         

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08 décembre 2015

Le "Qui qé core" 12

       Presque un an sans "Qui qé core" ! 
       Je sais, c'est inadmissible.
       Mais j'ai tellement été dégoûté de votre rapidité la dernière fois qu'il m'a fallu prendre du recul et un deuil d'une année ne m'a pas été superflu.
        Aujourd'hui, je vais mieux. Voici donc un nouvel objet à découvrir que j'ai retrouvé dans les affaires de mon grand père. Je ne vous en dis pas plus.

 

Photo 001

    

          A vous de jouer, mais pas trop vite... Je suis encore fragile.

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15 septembre 2015

L'Aigle Impérial

          Cela fait un petit moment déjà que je ne vous ai pas parlé de mon ancien voisin (mes fidèles lecteurs le reconnaîtront) :

          Juin 1940, l'armée allemande démarre l'invasion de la France. L'avancée vers l'Ouest est fulgurante. Le 14 juin, elle entre dans Paris. Le 18, à Rennes. Le même jour, la horde victorieuse arrive dans notre petite commune. L'installation des soldats se passe calmement, sans heurt.

 

SOLDATS

 

          Pourtant, les teutons vont vite s'offusquer à la vue de notre monument aux morts.
          Notre poilu les nargue de son piédestal et ça, c'est strictement verboten. Ce n'est pas son sourire jovial derrière ses grosses moustaches qui les offense mais le fait qu'il écrase de ses gros croquenots l'Aigle Impérial. Suprême insulte à la nation germanique. L'occupant ordonne donc à l'occupé. Cette symbolique d'une défaite passée doit être retiré de l'oeuvre illico presto sinon : BOOM ! dynamite.

 

poilu

 

          Les envahisseurs se sont bien fait comprendre. Notre maire, Joseph Berthelot ne peut que se plier aux ordres et se met séance tenante à la tâche. Quelques coups de burin plus tard, le volatile a disparu. Seules quelques plumes restées aux pieds du valeureux témoignent encore aujourd'hui de la censure.

 

aigle avant

avant

aigle après

après

 

 

 

          J'en connais un qu'aurait pas encore été content s'il avait été là. Mais ceci est une autre histoire...

 

gif-aigle

         

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21 juin 2015

A la grâce du Général.

         

          Jacques BOSCHER a trente ans en ces périodes mouvementées de Révolution. Ordonné prêtre depuis peu, il officie à Quessoy et est très apprécié de ses paroissiens. Une vocation familiale puisque ses deux frères sont également religieux. Fougueux par sa jeunesse et convaincu dans ses idées, il refuse de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé comme il se doit et c'est donc en secret qu'il exerce son sacerdoce. Activement recherché comme réfractaire, il trouve caches et abris dans les fermes alentours. Au contraire, son frère aîné, Etienne, curé de Moncontour, a accepté les nouvelles règles. En l'apprenant, Jacques est furieux. Les rapports qu'il entretient avec lui, son "grand diot de frère" comme il le nomme désormais, s'en ressentent.

 

messe

         

          Le 19 mars 1795, à Moncontour, arrive un tout jeune général républicain de 27 ans du nom de Lazare HOCHE. Il est appelé à la tête des armées pour rétablir la discipline et tenter de pacifier la région.

hoche

Portrait de Lazare HOCHE

           Le jour de son arrivée, à l'hôtel Latimier Du Clésieux où il va loger, une rencontre est organisée avec le chef chouan Amateur De Boishardy en personne. Malgré leur différence de camp, les deux hommes s'estiment. La réunion entre les deux personnages aboutira même à des négociations de paix. Malheureusement et malgré leur sincérité réciproque, celle-ci reste très précaire et ne durera que quelques semaines.

 

hotel

Hôtel Latimier Du Clésieux 

Quartier général des républicains à Moncontour.

  

         

          Alors qu'il est caché dans une maison au Cotard, proche du château de La Roche Rousse, L'Abbé Boscher voit soudainement arriver dans la cour le Général Hoche avec sa troupe de soldats. Aussitôt, il monte au grenier et saute par une gerbière donnant sur l'arrière de la bâtisse. Soulevant sa soutane, il prend la fuite en courant à travers champ en direction du château où il espère trouver refuge.

 

fuite

 

                                   Les soldats l'apercevant font feu. Ils tirent sur le fuyard sans l'atteindre et se mettent aussitôt à sa poursuite.

jacques

    

         Arrivé près d'une carrière, épuisé, hors d'haleine, se voyant pris, notre Jacques se jette au fond d'un trou et s'allonge le long de la paroi espérant ainsi passer inaperçu. Mais il n'a pas été assez rapide. Hoche l'a vu se cacher et vient se placer juste au dessus de lui. Le prêtre tétanisé attend maintenant le coup de grâce. Incroyablement, Hoche empêche alors ses hommes de s'arrêter, les incite même à courir plus vite, leur ordonnant : "Allons, marchez donc plus vite que cela, ou bien nous ne l'attraperons pas ! Vite donc ! Il est allé vers la chapelle de Crézouard. Nous allons l'y prendre." Hoche ne quitta sa place que lorsque le dernier soldat fut passé, laissant là Boscher,sauf, tapi dans son terrier.

Soldats-Revolution-francaise

 

          J'aime imaginer que, rejoignant enfin ses hommes, le flamboyant général, tel un bon prince, salua d'un grand et élégant coup de chapeau le prêtre transi au fond de son trou. Grâce à Hoche, "ennemi des chouans", l'abbé Boscher échappa de peu à une mort certaine.

 

 

          Lorsque la paix fut rendue à l'Eglise, Jacques Boscher continua d'exercer son ministère à Quessoy. Il y mourut en 1836 à l'âge de 71 ans. Il était si aimé et vénéré de ses paroissiens que longtemps après sa mort, nombreux étaient ceux à avoir dans leur livre de messe, comme précieuse relique, un morceau d'étoffe ayant appartenu au saint prêtre.

          Hoche quitta définitivement la Bretagne en février 1797. Sept mois plus tard, il tomba subitement malade et mourut. La tuberculose l'emportait à 29 ans. Pendant sa courte mais prometteuse carrière, le jeune général fut fin politique, ferme tout en restant d'une grande tolérance.

         Aussi, lors de la mort de Boishardy, le 17 juin 1795, indigné par la conduite des soldats qui promenèrent la tête du chef chouan sur une pique par les rues de Moncontour, il n'hésita pas à condamner l'acte odieux ayant souillé le cadavre de son estimable ennemi.

Mort_Boishardy

                            Mais ceci est une autre histoire... 

 

           

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19 avril 2015

Yffiniac

          Après Hénon, Bréhand, Trégenestre, reprenons le tour des communes voisines.

          Dirigeons nous maintenant vers Carnonen, "Ker an onen" en breton, le village du frêne (même racine que Hénon). Ici, ça se complique. Derrière nous : Quessoy; à notre droite : Pommeret; et droit devant : Yffiniac, Finia en gallo. En cet endroit particulier, non seulement 3 communes se rencontrent mais également 3 cantons. Ici, le triangle maudit des GPS, le cauchemar du facteur. On raconte même dans nos chaumières que les autochtones ne savent pas trop où ils habitent.

          Continuons notre route vers La Gare d'Yffiniac. L'endroit s'appelait avant "Le Haut Penan". Cette gare, située sur la ligne de Paris Montparnasse -Brest, a été mise en service en 1863 par la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest. Après plus de 130 ans de précieux services, elle est abandonnée au milieu des années 90 puis rasée en décembre 2010.

gare

          Quittons le quartier de La Gare et laissons nous doucement descendre vers le bourg, altitude: 10 mètres.

          A l'époque gallo-romaine, Yffiniac, ou Ivinius, possédait son port. Au bord de la grève, on a découvert des boucles de fer destinées à amarrer les bateaux. Son nom pourrait provenir du gaulois "Ivino" désignant l'if, arbre sacré des druides. Ce serait donc encore une origine arboricole comme pour Quessoy ou Hénon.

if

 

          Mais, la tradition orale propose une toute autre origine.
          A l'instar du Finistère, Finis Terrae, l'endroit où finit la Terre, Yffiniac se traduirait en latin par Hic Finit Aquam : où se finit l'eau. La commune reçoit effectivement deux cours d'eau, L'Urne et Le Camoy, qui viennent se fondre et disparaître au fond de la baie. On raconte également que L'Urne se serait appelée dans les temps anciens la rivière d'Ac.

 

baie

 

          Quand je pense Yffiniac, je pense chocard, ce chausson de pâte feuilletée farci de pomme finement hachée et macérée. Un pêché de gourmandise que l'on déguste de préférence tiède aux derniers jours d'automne. Pour certains historiens culinaires, le nom chocard proviendrait des choucas, volatiles cousins des corneilles qui viennent se poser sur les toits en automne à la recherche d'un peu de chaleur. Pour moi, il est plus vraisemblable que la pâtisserie tire son nom de chouca, vieux mot forain signifiant fête. Jadis très courue, la fête foraine bat son plein dans le bourg à cette période.

 

chocard

 

          Foi de gourmet, un chocard ne peut être bon que s'il est confectionné à Yffiniac et par un artisan consciencieux. Pour se protéger des pâles copies, insipides étouffe-chrétiens que l'on nous propose ici ou là, l'objet du délice mériterait bien une A.O.C. Mais ceci est une autre histoire...

 

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01 avril 2015

Signalisation routière

          Dans le Magazine (ex Bulletin municipal) n° 58 du mois de novembre, Monsieur Le Maire nous informait sur les problèmes de stationnement dans notre commune. Préférant sensibiliser les utilisateurs sur les risques encourus, la gendarmerie est déjà intervenue et a constaté plusieurs infractions. La prochaine fois, elle verbalisera. Notre prévenant maire nous conseille donc d'être vigilant.

attention

          Ce que Jean-Luc Gouyette omet dans sa prévention et que l'on sait moins, est que dans une zone piétonne ou semi-piétonne comme dans le centre bourg, la signalisation routière ne s'applique pas uniquement aux véhicules mais également aux piétons. Pour exemple, ils doivent respecter les sens interdits. Une exception cependant si un panonceau placé sous le panneau contre-indique le signal (voir ci-dessous).

 

panneau

 

          Attention donc, même si vous êtes à pied, de ne pas prendre une rue à contre sens. Vous seriez alors passible d'une contravention pouvant aller jusqu'à 45 euros.

          Piétons, soyez prudent, pour vous et pour les autres usagers. La gendarmerie, avec l'aide de la municipalité, a promis une surveillance accrue.

 

Jean-Luc

 

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