Après Hénon, Bréhand, Trégenestre, reprenons le tour des communes voisines.

          Dirigeons nous maintenant vers Carnonen, "Ker an onen" en breton, le village du frêne (même racine que Hénon). Ici, ça se complique. Derrière nous : Quessoy; à notre droite : Pommeret; et droit devant : Yffiniac, Finia en gallo. En cet endroit particulier, non seulement 3 communes se rencontrent mais également 3 cantons. Ici, le triangle maudit des GPS, le cauchemar du facteur. On raconte même dans nos chaumières que les autochtones ne savent pas trop où ils habitent.

          Continuons notre route vers La Gare d'Yffiniac. L'endroit s'appelait avant "Le Haut Penan". Cette gare, située sur la ligne de Paris Montparnasse -Brest, a été mise en service en 1863 par la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest. Après plus de 130 ans de précieux services, elle est abandonnée au milieu des années 90 puis rasée en décembre 2010.

gare

          Quittons le quartier de La Gare et laissons nous doucement descendre vers le bourg, altitude: 10 mètres.

          A l'époque gallo-romaine, Yffiniac, ou Ivinius, possédait son port. Au bord de la grève, on a découvert des boucles de fer destinées à amarrer les bateaux. Son nom pourrait provenir du gaulois "Ivino" désignant l'if, arbre sacré des druides. Ce serait donc encore une origine arboricole comme pour Quessoy ou Hénon.

if

 

          Mais, la tradition orale propose une toute autre origine.
          A l'instar du Finistère, Finis Terrae, l'endroit où finit la Terre, Yffiniac se traduirait en latin par Hic Finit Aquam : où se finit l'eau. La commune reçoit effectivement deux cours d'eau, L'Urne et Le Camoy, qui viennent se fondre et disparaître au fond de la baie. On raconte également que L'Urne se serait appelée dans les temps anciens la rivière d'Ac.

 

baie

 

          Quand je pense Yffiniac, je pense chocard, ce chausson de pâte feuilletée farci de pomme finement hachée et macérée. Un pêché de gourmandise que l'on déguste de préférence tiède aux derniers jours d'automne. Pour certains historiens culinaires, le nom chocard proviendrait des choucas, volatiles cousins des corneilles qui viennent se poser sur les toits en automne à la recherche d'un peu de chaleur. Pour moi, il est plus vraisemblable que la pâtisserie tire son nom de chouca, vieux mot forain signifiant fête. Jadis très courue, la fête foraine bat son plein dans le bourg à cette période.

 

chocard

 

          Foi de gourmet, un chocard ne peut être bon que s'il est confectionné à Yffiniac et par un artisan consciencieux. Pour se protéger des pâles copies, insipides étouffe-chrétiens que l'on nous propose ici ou là, l'objet du délice mériterait bien une A.O.C. Mais ceci est une autre histoire...