Etre de famille noble et posséder au moins 300 journaux de terre alentour (150 hectares). Voici ce qui donne droit, en théorie, de construire un pigeonnier au XVII siècle. Faut-il encore aussi prouver qu'il en existait un auparavant sur votre propriété. C'est un privilège féodal et par cela un symbole seigneurial devenu objet de haine des paysans.

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           Le non-respect des lois, particulièrement la règle des 300 journaux, fait que les pigeons pullulent, détruisent non seulement les nouvelles semences mais également les récoltes. Bien entendu, il est impossible de faire cesser ce pillage odieux et tyrannique. Il est même expressément défendu de faire feu ou de piéger les volatiles sous peine de fortes amendes.

          En 1789, dans leurs doléances, les paysans réclameront la destruction des pigeonniers. Certains, moins exigeants, demanderont simplement aux propriétaires d'enfermer leurs pigeons durant les récoltes et d'en limiter le nombre. Beaucoup veulent un droit de chasse. Pour leur plus grand bonheur, après la révolution, les nobles laisseront à l'abandon les bâtiments.

          Malgré le temps passé, quelques uns de ces ouvrages sont arrivés jusqu'à nous.

          Il en existe deux sortes : 

          Le colombier proprement dit, qui est constitué d'une tour trapue coiffée d'une voûte. Il est situé souvent un peu à l'écart du manoir ou du château à cause du bruit et de la mauvaise odeur. Les pigeons, de caractère timide, n'aiment pas non plus être dérangés par les allées et venues.

          Quessoy comptait au moins trois colombiers. Un au château de La Roche Rousse,

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La Roche Rousse en 1808

 

            celui du château de La Houssaye qui date du XVIIIème et est encore en superbe état,

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La Houssaye

         et celui en ruine, le plus ancien, au bord de l'étang du Bois Glé.

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                                                             Le Bois Glé

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          Dans ces édifices, les murs sont tapissés de trous appelés boulins, sortes de petits couloirs coudés disposés en alternance ou en quinconce. Chaque couple de pigeons y possède son nid.

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          Le seul mobilier peut être une échelle fixée sur une potence accrochée à un mat central pivotant. Elle permet le ramassage des oeufs et des pigeonneaux ainsi que le nettoyage et entretien des boulins.

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          On peut également trouver des pigeonniers couronnant la tour d'un manoir. Cette structure, appelée : la fuie, a été rapidement abandonnée car la proximité des pigeons amenait bruit, odeurs, poussières et même parfois maladies. Un bel exemple nous reste dans le bourg, derrière l'ancien manoir de La Vigne (début XVIème), face à l'église.

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                     Manoir de La Vigne                     

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          Outre l'intérêt alimentaire par la viande et les oeufs, la seconde fonction est la production de colombine. La fiente des pigeons est un excellent engrais, supérieur aux autres, dont les propriétaires avaient grandement besoin pour leurs jardins. On disait qu'une brouettée de colombine valait une charretée de fumier.

          Ce que l'on connait moins est l'utilisation du pigeon pour soigner un bon nombre de maladies, et cela depuis l'antiquité. Le foie cru est bon contre l'ictère, le sang frais soigne les orgelets et la petite vérole. La fiente même, à usage interne, est fortifiante et apéritive (bon appétit). A usage externe, elle est cicatrisante, ferait disparaître les taches de rousseur et bien sur utilisée contre la perte des cheveux.

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                                                          Mais ceci est une autre histoire...