bonnet

         

          La cocarde tricolore est, dès le début de la Révolution Française, le symbole du patriotisme. Elle devient rapidement un signe d'engagement politique et son port est même rendu obligatoire pour les hommes le 8 juillet 1792, ainsi que pour les femmes le 21 septembre 1793. Le refus de la porter rend suspecte la personne et peut lui valoir 8 jours de prison et ce jusqu'en 1796.

          Pourtant, il ne fait pas bon se promener l'été 1792 dans notre commune avec cette fameuse cocarde. En lisant les nombreuses auditions de témoins relevées par le capitaine MIGNARD de Saint-Brieuc (ou Port-Brieuc devrais-je dire) : les habitants de Quessoy insultent et agressent sur la route les voyageurs la portant.

ch 2

          Le 22 juillet, Yves-Marie RIO de Bréhat, enseigne de vaisseau, âgé de 39 ans, passe sur le grand chemin qui conduit de Saint-Brieuc à Moncontour. Il est 2 h de l'après-midi et il arrive à Quessoy. A un quart de lieue du bourg, quatre jeunes gens sortent d'un champ et l'arrêtent en lui demandant s'il possède un passeport. Il le leur montre. Puis, les jeunes lui demandent pourquoi il porte une cocarde nationale tout en lui faisant comprendre qu'au pays, ils n'en veulent pas. Yves-Marie RIO leur explique que la loi lui l'impose et qu'il veut obéir. Les quatre lui répondent que pour cette fois-ci, il n'a qu'à passer mais de n'y pas revenir avec la cocarde car une volée de coups de bâtons l'attendrait. Ils lui dirent également que ces "messieurs de Saint-Brieuc" voulaient faire la loi mais que si l'on venait les attaquer, ils se défendraient, qu'ils avaient plus de 500 fusils et des hommes instruits, et qu'on ne leur aurait pas fait ce que l'on voulait.

ch 3

           Le lundi 6 août, vers 5 h de l'après-midi, Jean REBOURS, Jeanne GEFFRAIN, Pierre BOUGEARD et sa femme Marie MACE, tous quatre marchands aux grèves de Langueux, reviennent du marché de Moncontour. En passant par le bourg de Quessoy, à la dernière maison, ils se font arrêter par Joachim DIEULANGARD, maréchal-ferrant, et SERINET, fermier de la Ville Davy. Les deux gars leur ordonnent d'ôter leur cocarde mais essuyant un refus, prennent chacun une trique dans la forge proche, courent après eux et  les rattrapent sans peine à moitié chemin de la Corderie et du bourg. Jeanne GEFFRAIN, restée seule, s'empresse alors d'avertir Jean ECOUBLET et Jeanne BOUGEARD, également commerçants de Langueux, qui suivent en retrait. Jean ECOUBLET arrive rapidement à la Corderie pour voir SERINET tenant au col Pierre BOUGEARD, criant à l'aide, et DIEULANGARD frappant de sa trique le pauvre Jean REBOURS. Alertées par les cris, beaucoup de personnes du bourg descendirent, ce qui mit fin à l'agression.

ch 1

 

          Aujourd'hui, la mode a changé. Ainsi, ne vous amusez surtout pas à cocarder votre voiture. Seuls le Président de la République, certains membres du gouvernement et les Préfets dans leur département ont le droit d'apposer une cocarde tricolore sur leur véhicule. Même si Monsieur le Maire utilise ce signe, il commet un délit puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Mais ceci est une autre histoire...

cocarde