A partir du VIème siècle, on commence à mettre les morts près des lieux saints puis dans les églises même. Cette pratique est d'abord réservée au haut-clergé, puis sera accordée aux nobles, et enfin aux (bons) paroissiens. Certains continuent, à la méthode ancienne, d'être enfouis dans les champs, le long des routes, notamment aux pieds des croix.

Michelangelo_Caravaggio_010l'enterrement de ste lucie

          Au 14ème, une église est fondée à Quessoy (à l'emplacement actuel). Pour ne pas déroger à la règle, les inhumations se font à l'intérieur bien qu'un cimetière entoure déjà l'édifice. Celui ci ne sert pratiquement que pour les étrangers ou les vagabonds. Un coin de terre non bénite est même réservé aux enfants morts sans baptême, aux excommuniés et aux grands pêcheurs décédés sans confession. Bien entendu, les clercs, les nobles et les riches sont à l'intérieur. Les seigneurs du Boisglé, en tant que fondateurs, se réservent la meilleure place dans le choeur, juste devant l'autel. Les pauvres, eux, à l'inverse, sont relégués au fond.           

          Pendant la cérémonie funèbre, on choisit un endroit quelconque, la tombe "familiale" n'apparaissant qu'au XVIIIème. On soulève une dalle s'il y a. On creuse, généralement peu profondément. On dépose le défunt enveloppé dans un sac. Puis on remet la terre et la dalle en place.

ancienne pierre 1

Anciennes pierres tombales servant de dallage dans l'église.

ancienne pierre 2

          Mais cette accumulation de cadavres dans un espace si limité et si peu aéré commence à poser problème. Le dallage des églises est sans cesse démonté et remis inégalement ce qui demande des travaux réguliers. Mais plus grave encore : les risques de contagions de maladies sont très élevés. Des exhalaisons se répandent régulièrement. Les odeurs de putréfaction sont si fortes que l'on est obligé de brûler des résines et du souffre pour les dissimuler. Un véritable charnier.

          En 1719, le Parlement de Bretagne décidera d'interdire les enterrements dans les églises. Mais la résistance demeure, les curés ont bien du mal à faire respecter cette nouvelle loi et quelques 50 ans après on pratique encore certaines inhumations à l'intérieur. Progressivement, l'habitude d'enterrer les morts autour de l'église se prendra enfin.

ancien cadastre

Ancien cadastre de 1848 où l'on peut voir l'église entourée du cimetière

          Plus proche de nous, début des années 1900, notre cimetière est devenu beaucoup trop petit. Notre vieux fossoyeur, Louis COTILLARD, est lui seul capable de se reconnaître au milieu des tombes enchevêtrées  les unes sur les autres.

mur et presbytère

Mur de clôture du cimetière avec en arrière plan le presbytère

calvaire et entrée

Entrée principale du cimetière et calvaire

          L'agrandissement étant impossible vu l'état des lieux, il est décidé, en 1910, de créer un nouveau cimetière (j'en connais un qu'aurait pas encore été content). La première difficulté est de trouver un emplacement convenable. Le conseil municipal est divisé.  Chacun étant pour son quartier, certains le veulent sur la route de Saint Brieuc, d'autres le verraient mieux en allant vers Saint Carreuc, d'autres encore le préféreraient en direction de Lamballe. Après plusieurs réunions orageuses, un accord est enfin trouvé. Un champ, situé derrière la Porte-Armel et appartenant Monsieur de La VILLEAURAY, conviendrait.

          L'année 1912 fut consacrée à l'étude de marché.

          En 1913, le travail commença.

          Et en 1914, au mois d'avril, eut lieu la 1ère inhumation : Monsieur Joseph-Marie BONENFANT, beau-père de Monsieur de SAINT-PERE, décédé au château de la Porte de Fer.

1ère tombe 

"Ici gît Monsieur Joseph-Marie BONENFANT"

1ère tombe du nouveau cimetière

 

          Le transfert des tombes débutera en 1920 pour finir en 1927.

        

tombe 1   tombe 5

tombe 6

vieille croix

plaque vieille croix

 

          Peut-être avez vous déjà entendu de vieux quessoyais, fatigués et quelque peu déprimés, parler de leur intention d'aller bientôt à la Clôture Gachet (prononcez "Gaïchet"). C'était le nom du champ choisi pour devenir notre actuel cimetière. Mais ceci est une autre histoire...

          

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