Charlemagne (sacré Charlemagne) est traditionnellement considéré en France comme étant l'inventeur de l'école, mais nos bambins recevaient une éducation bien avant. Au tout début de l'humanité, les enfants apprenaient ce que faisaient les adultes en le mettant en pratique : la chasse, la pêche, la fabrication d'objets... Du temps des Gaulois, les druides se chargeaient de leur apprendre l'histoire, la médecine, la nature, souvent à l'aide de chants ou de poésies. Chez les Romains, on apprenait le grec et le latin car il était important de bien parler. Au moyen âge, l'éducation était très basée sur la religion, on apprenait avec les textes sacrés et les mots de la messe. 

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          A Quessoy, on parle de la fondation d'une école en 1696. Cette fondation fut possible grâce à un chanoine de Tréguier natif de notre commune (Jean DUVAL né à L'Ourme) qui légua une partie de ses biens pour établir, soit au bourg, soit à L'Hôpital, une petite école "afin d'élever les jeunes écoliers et les mettre en état de continuer leurs études ailleurs pour se rendre digne d'être promus aux Saints-Ordres".

Classe

          Mais le vrai début de la scolarisation "moderne" à Quessoy démarre vers 1833. Bien sûr, il n'y a que très peu d'élèves. Les enfants étant utiles pour les différentes tâches, les parents préfèrent les garder à la maison. En 1841, on ne compte encore que 40 élèves.

          A cette époque, pour les garçons, l'enseignant est un instituteur laïc peu zélé : Joseph LE BOUCHER, mais en 1854, suite à des plaintes qui s'élevaient à son sujet, le conseil municipal est mis en demeure par le recteur d'académie de faire le choix d'un nouvel instituteur. Le conseil se prononcera pour la venue d'un frère de l'école catholique. Au cours de la même année, on construisit une maison qui abrita l'école et la mairie. L'école des frères, dès son ouverture, fut très fréquentée puisque dans la bonne saison on y comptait 140 élèves.

Mademoiselle

          Pour les filles, c'est également une institutrice laïque jusqu'en 1856. Entre le 18 et le 21 mai de cette année, des incendies criminels ont jeté la terreur et l'épouvante à Quessoy. La classe et la maison d'habitation de la maîtresse furent détruites. Prenant peur, elle préféra démissionner et le conseil opta pour son remplacement par des religieuses utiles autant pour l'instruction des filles que pour les soins aux malades. Là aussi, une bonne fréquentation : on totalisait 107 élèves la première année. Ce qui décida la construction d'une nouvelle école pour les soeurs  qui fut bénie en 1860 (aujourd'hui l'école de L'Argentaie).

          Au village de L'Hôpital, c'est en 1871 que deux religieuses ouvrent une petite école. Les soeurs habitent une masure couverte de chaume en bas du hameau. La classe se fait de l'autre côté de la route dans une maison semblable. Un sol en terre battue, deux petites fenêtres qui laissent à peine passer la lumière, pas de cour, pas de préau, les enfants passent leurs récréations sur la route. Vu la précarité de cette situation, on décide de construire une nouvelle école en 1874. Les enfants de Quessoy y affluent, mais également ceux de Plédran ou Yffiniac.

          En 1881, le ministre de l'instruction publique, Jules FERRY, va tout bouleverser en rendant l'école laïque (elle ne dépend plus de l'église), obligatoire et gratuite.

          Cela commence par chez les frères en 1891. Le frère enseignant est chassé de son école qui devient propriété de l' État. Depuis cette époque, le bâtiment ne servira que pour la mairie. En attendant la construction d'une nouvelle école, les garçons doivent saboter jusqu'au château de Catuelan où ils peuvent suivre la classe avec ceux d'Hénon. Un an plus tard, l'école des frères sera construite (aujourd'hui la bibliothèque).

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École Saint Joseph

          Puis en 1897, c'est au tour des religieuses du bourg de quitter leur école qui deviendra publique et mixte. En moins de six mois, grâce aux efforts de tous les paroissiens qui se mirent à la tâche, la nouvelle école des soeurs fut construite (l'école Sainte Anne). Pendant ces six mois, les filles eurent la classe dans les communs du château de la Porte de Fer.

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École de L' Argentaie

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École Sainte Anne

          Enfin en 1903, les religieuses de L' Hôpital furent contraintes, à leur tour, d'abandonner leur école à l' État qui y installa une école publique, laquelle s'y trouve toujours. Quatorze années plus tard, le recteur de Quessoy fit l'acquisition de la maison du Bourgneuf située à 300 mètres du village avec l'intention d'y établir une école mixte tenue par les religieuses. Mais, malgré son insistance, les soeurs ne voudront pas revenir à L' Hôpital pour différents motifs.

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École de L' Hôpital

          Et voici en quelques lignes les débuts de la vie scolaire à Quessoy. Nos écoles ont évolué avec le temps. Le carrelage a remplacé la terre battue, les encriers se sont taris, plus de blouses grises, plus de sabots, et bientôt peut être, l'ordinateur à la place des livres et cahiers. Mais ceci est une autre histoire...