Dès 1919, le conseil municipal vote à l'unanimité l'établissement d'un monument à nos soldats morts pour la France. Mais ce n'est qu'en février 1923 que nous rentrerons dans la phase de réalisation proprement dite.

          Nous déciderons de faire appel à un fameux statuaire de Saint Brieuc : Monsieur Elie LE GOFF (père des célèbres trois frères LE GOFF, morts eux aussi pour la France et qui ont donné le nom de la rue qui descend vers le port). Il nous présentera un premier projet mais le devis qui monte à environ 20 000 francs dépasse les disponibilités financières de la commune. Après discussion, un deuxième projet de 15 000 francs sera proposé et accepté le 23 décembre 1923.

projet_2

Base en granit de Saint Julien

Statue en pierre blanche recouverte de stuc gris

Sur le dé : le nom des victimes dans l'ordre alphabétique

Sur la face principale : " Quessoy, à ses enfants morts pour la France "

          Les Quessoyais ont été généreux pour leurs soldats. Les conseillers ont quêté dans leur quartier et ont recueilli 5 000 francs qui vont être précieux pour le budget. On pourra également économiser en se servant des pilastres de l'entrée du cimetière ( en cours de transfert ) pour établir le soubassement du monument.

1924

1924

          L'inauguration ainsi que la bénédiction eurent lieu le 5 octobre 1924.

          Tout se passa avec ordre et piété comme il convenait à une cérémonie des morts, comme nous le raconte Monsieur l'abbé BADOUAL, recteur de l'époque.

Dès 9 h 15, les cloches lancées à toute volée annoncent l'heure de la messe. En quelques instants l'église est remplie. Toute la paroisse, à part de très rares gardiens, est présente, grossie d'un fort contingent des paroisses voisines. Au choeur, Monsieur le maire et ses deux adjoints; Monsieur LE GUEN, Monsieur ESPIVENT et Monsieur WARON, députés; Monsieur VEILLET DU FRECHE, conseiller général; Monsieur CLEMENT, conseiller d'arrondissement; Monsieur DE LORGERIL, maire de Hénon. A l'autel, Monsieur l'abbé HINAULT, instituteur à Mûr de Bretagne, grand blessé de guerre, assisté comme diacre et sous-diacre de Monsieur PINCEMIN, professeur à Quintin et de Monsieur GAPAILLARD, instituteur à Eréac. Presque tous les prêtres originaires de la paroisse sont là. L'homélie fut prononcée par l'abbé PINCEMIN du Clio.

A la fin de la messe, le clergé, les autorités civiles et la foule se rendent au pied du monument. Monsieur l'abbé CHAPIN, curé doyen du Gouray, le bénit, puis dans un calme impressionnant, Jean HINAULT fait l'appel des 156 enfants de Quessoy tombés au champ d'honneur. Pierre POULAIN de la Ville es Boinet lance la triste et fière réponse :  " Mort pour la France ". Lentement sur le ton de la prière, la chorale renforcée d'une cinquantaine de petits garçons et d'autant de jeunes gens parfaitement exercés entonne " l'hymne aux morts de la patrie " de Victor HUGO.

5_octobre_1924

          Monsieur le maire, Guillaume PRUAL de la Fosse Bily prend le premier la parole et présente officiellement le monument. Il remercie les personnalités et les prêtres présents et félicite la population toute entière de la magnifique démonstration qu'elle fait autour de ses morts. Après lui, prennent tour à tour la parole, Messieurs CLEMENT, VEILLET DU FRECHE, ESPIVENT, WARON et LE GUEN.

Portrait

coup de gueule

          Sentinelle fidèle depuis huit décennies, comme surveillant l'arrivée d'un éventuel attaquant, tu restes figé au croisement des quatre chemins. Mais pour combien de temps encore ? Contredisant les anciens élus sur le choix de ton poste, les nouveaux ont décidé, telle une verrue hideuse, de te gommer d'un nouveau paysage et te mettre au rancart, loin des yeux du passant. Mais ceci est une autre histoire...