Fréquemment, Monsieur CARLO, exploitant la ferme de La Touche Rouault en Hénon, trouve de curieux objets en labourant ses champs. C'est devenu habituel, les générations d'avant en trouvaient déjà. Tellement habituel que ces objets ont même servi à des empierrements de cours, de chemins, ou dans la maçonnerie de certains bâtiments.

          En 1977, on commence à se poser des questions et à s'y intéresser de plus près. On apprend que ce sont des haches de bronze dites " haches à douilles " datant de la fin de l'âge de bronze (environ 700 ans avant J.C.).

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          Une première prospection à la surface du sol permet de retrouver 39 pièces ce qui laisse envisager l'existence d'un dépôt encore plus important.

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          Au mois de mai 78, on décide de chercher plus profondément à l'aide d'un détecteur de métaux qui permettra de récupérer les haches à faible profondeur mais surtout de délimiter de façon précise un périmètre où elles sont le plus concentrées.

          Plus on creuse et plus on en trouve. Jusqu'à ce que l'on tombe sur une fosse circulaire contenant tout un dépôt. Dans cette fosse, les haches sont bien rangées horizontalement les unes à côté des autres.

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          On retrouvera en tout dans cette fosse plus de 400 haches en parfait état de conservation. En comptant les premières recueillies au cour des années passées, on en totalisera pas moins de 600.

          Par leur forme et leur composition, ces haches ne sont d'aucune utilité pratique. Elles sont creuses, le bronze a une trop forte teneur en plomb, leur tranchant est inaffutable. Elles sont donc inutilisables en tant qu'outils. Le petit anneau latéral permettait de les relier entre elles et de les transporter plus facilement.

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          En fait, elles servaient plutôt de "monnaie" soit pour la valeur du métal, comme on met l'or en lingot, soit pour une valeur symbolique. C'est donc bien un trésor que l'on vient de découvrir. Un trésor caché là par nos ancêtres les Ligures ( voir l'article sur les premiers Quessoyais )

          La totalité de ces haches a été rachetée par les musées nationaux.

          Déjà en 1928, un dépot de 52 haches avait été trouvé à La Touche Nicolas toujours en Hénon mais ceci est une autre histoire.